Peintre et féministe !

VLAN  mercredi 6 février 2019 Vlan

COUVIN – PERSONNALITÉ | Conteuse et peintre, Amande Acacia n’en finit pas de multiplier les expositions, des occasions pour elle de toujours joindre les mots aux images. Interview.

Agée de 32 ans, la jeune femme sera bientôt à Toulouse en vue d’y présenter son travail.

Amande Acacia, est-ce votre vraie identité ou un pseudonyme?

–C’est un pseudonyme. Mon véritable prénom est Amandine. Comme mes proches me surnomment souvent «Amande», j’ai choisi de garder ce dernier. En prenant un pseudo, je voulais véritablement faire la distinction entre mon activité artistique et mon métier, entre autres.

Quel est votre parcours?

–À la base, je suis régente en arts plastiques et j’ai suivi une formation de conteuse. J’expose depuis six ou sept ans déjà. Ma particularité est de peintre avec du café. Étant jeune, j’ai beaucoup voyagé avec mes parents. Un jour, assise à une terrasse, j’ai eu envie de peindre un bâtiment mais je n’avais pas de matériel avec moi. alors j’ai utilisé ce qui se trouvait à portée de main: du café.

Que représente la peinture pour vous?

–C’est un moyen d’expression qui me convient très bien. J’ai toujours mon carnet de croquis avec moi: la peinture et le dessin présentent un côté facile et accessible qui me plaît beaucoup. Et puis, nous vivons à l’heure actuelle dans un monde d’images, quoi de plus normal que d’en créer. (Rires)

Vous avez récemment sorti un «calendrier féministe». Quel est son principe?

–Il contient treize portraits de femmes ayant vécu de l’Antiquité jusqu’à nos jours et qui, au moins une fois, dans leur vie ont été confrontées à la phallocratie ambiante. Ces femmes comme Agnodice – la première femme médecin en Grèce ancienne–, ou bien encore Alexandra Kollontaï – une femme politique socialiste, communiste et militante féministe soviétique – ne sont pas assez connues, étudiées à l’école, alors qu’elles ont eu une influence considérable sur le monde qui les entourait.

Le féminisme est aussi le grand thème de votre prochaine exposition organisé à Toulouse?

- Oui, cette exposition se tiendra du 5 février au 2 mars. Elle s’intitule UMBRA et j’y présenterai 16 portraits de femmes. Des femmes qui ont dû vivre dans l’ombre de leurs maris, de leurs pères ou bien simplement des hommes en général. J’ai en tête l’exemple de l’épouse d’Albert Einstein. Tout le monde reconnaît le génie de son époux mais pas le sien. Or, nous savons à quel point Mileva a largement contribué aux travaux d’Albert. À titre posthume, je pense qu’elle devrait elle aussi obtenir le Prix Nobel pour sa contribution. Sans oublier Henrietta, la fille de Charles Darwin, reléguée au rang de «secrétaire» de son père alors qu’elle a largement alimenté les discussions scientifiques de Charles.

Dans cette exposition, vous représentez aussi une sorcière. Pourquoi?

–Parce qu’elles sont le meilleur exemple de la folie des hommes. Combien ont été brûlées, tuées et torturées pour des causes diverses et variées alors qu’en fait, on ne leur reprochait qu’une chose: être des femmes.

D’où vous vient cet engagement pour la cause féminine?

- De mon enfance. Même dans mes contes, il y a cette thématique sous-jacente. Et plus je vieillis, et plus j’ai envie de dénoncer les injustices.

D’autres expositions sont-elles prévues?

–Oui, hormis Toulouse, j’exposerai le 2 mars à Charleroi, à Livre ou Verre. Lors de ce vernissage, je serai accompagnée de mon ami accordéoniste Olivier Terwagne. J’exposerai aussi à Mons, et à Namur. Malheureusement les dates ne m’ont pas encore été confirmées pour le moment.

Sandra Zatloukal

Pour vous procurer le «calendrier féministe» d’Amande Acacia, il vous suffit de contacter cette peintre par mail à wapiwouplala@hotmail.com ou par le biais de sa page Facebook «Amande Art».

Vlan

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